La commune est un pilier des institutions républicaines. Elles ont été créées par la loi du 14 décembre 1789, marquant l’importance d’un pouvoir local civil laïque élu par les citoyens. Enfin… pas tous les citoyens : seulement les hommes payant un minimum d’impôt. C’est le suffrage censitaire.
L’empire de Napoléon et le retour de la royauté ont limité le pouvoir communal, sans le supprimer. Avec la révolution de février 1848 et la II° République, la démocratie communale est renforcée : le suffrage censitaire est remplacé par le suffrage « universel ». Enfin… pas tout à fait universel car réservé aux hommes.
Avec l’empire de Napoléon III, encore un retour en arrière : le conseil municipal reste élu, mais le Maire est nommé par le préfet. Les départements avaient été créés en 1790 et les préfets en 1800.
La III° République, par la loi du 5 avril 1884, rétablit enfin l’élection, tous les 4ans, du conseil municipal, des maires et des adjoints. Mais la méfiance demeure, à la suite de la guerre civile (Commune de Paris en 1871), et les communes sont encadrées de limites et contrôles assez stricts. D’ailleurs, par précaution, Paris reste un cas à part : la ville est divisée en 20 arrondissements, avec autant de mairies séparées les unes des autres. Il faudra attendre 1977 pour la mise en place d’une Mairie de Paris ; Jacques Chirac inaugure la fonction.
En 1890, les communes peuvent se regrouper en syndicats, comme il en reste encore aujourd’hui. En 1926, la tutelle préfectorale s’allège, les communes peuvent mettre en place des régies municipales, pour l’eau ou la voirie par exemple. En 1929, la durée du mandat passe à 6 ans, comme c’est encore le cas.
Le régime de Vichy est bien sûr un retour en arrière, et les maires et autres « délégués spéciaux » sont nommés par l’Etat.
En 1944, les femmes obtiennent enfin le droit de vote et d’être élu
En 1982 la « loi Deferre » de décentralisation élargit l’autonomie des communes : le préfet vérifie la légalité des décisions et des budgets, mais les communes ne sont pas soumises à un contrôle a priori sur le fond de ces décisions
Plus récemment (1992 puis loi Chevènement en 1999) les Communautés de communes donnent un nouveau cadre à la coopération intercommunale, qui remplace progressivement les syndicats (SIVU, SIVOM).
Sans entrer dans les détails, on constate que les institutions municipales sont marquées, depuis plus de 2 siècles, par des mouvements de progression ou de régression de leur autonomie. Les périodes monarchiques et d’Etat autoritaire accentuent la centralisation et limitent le pouvoir communal ; les périodes républicaines élargissent leur capacité d’agir.